Quiberon le: 02/02/2026
La
Fédération Environnement Durable tient à exprimer son opposition au
projet de parc éolien flottant Bretagne-Sud (Belle-Île, Groix, Quiberon)
et soutient les mobilisations citoyennes et institutionnelles en cours,
notamment la manifestation du 14 février à Quiberon, initiée par les
communes concernées et le conseil départemental du Morbihan, avec
l'appui et la participation active des associations locales qui
s'opposent au projet dès l'origine.
La
Fédération partage pleinement l’analyse et les préoccupations portées
par les Gardiens du Large dont nous reproduisons le communiqué, et par
l’ensemble des acteurs locaux mobilisés : élus, habitants,
professionnels de la mer, associations de protection des paysages et du
patrimoine.
Le projet Bretagne-Sud illustre de manière exemplaire les dérives actuelles de la politique éolienne en mer :
- Choix de localisation imposé,
- Absence de véritable débat démocratique,
- Changement d’échelle technique rendant obsolètes les concertations initiales,
- Impacts paysagers, environnementaux et socio-économiques majeurs et irréversibles.
Mais au-delà de ces enjeux territoriaux, la Fédération souhaite alerter sur une erreur nationale de stratégie énergétique.
La
France dispose aujourd’hui d’un système électrique déjà largement
décarboné et fait face, comme l’a reconnu récemment RTE, à une
surcapacité structurelle de production, alors même que la consommation
réelle d’électricité stagne ou progresse bien moins que prévu. Dans ce
contexte, le développement accéléré de projets d’éoliennes flottantes,
technologie encore immature et extrêmement coûteuse, apparaît non
seulement inutile, mais économiquement irrationnelle.
Produire toujours plus d’électricité dont la France n’a pas besoin, au prix :
- D’un endettement public massif,
- D’une artificialisation accrue des milieux marins,
- Du sacrifice de paysages littoraux exceptionnels,
- Et de la fragilisation de métiers essentiels comme la pêche artisanale,
Ne peut constituer une politique énergétique responsable.
La
Fédération Environnement Durable soutient donc avec fermeté la demande
de moratoire sur le projet éolien Bretagne-Sud, afin de permettre :
Une réévaluation complète de sa pertinence économique et énergétique,
Un débat démocratique réel et élargi,
Une remise à plat des priorités nationales en matière d’énergie.
La
Fédération Environnement Durable refuse toute approche dogmatique de la
politique énergétique. À ce jour, rien ne permet d’établir que le
développement massif de l’éolien industriel, en particulier en mer et en
technologie flottante, ait un impact favorable mesurable sur le climat,
à l’échelle nationale. Les choix énergétiques doivent être évalués à
l’aune de bilans complets — énergétiques, économiques, environnementaux
et sociaux — et non sur la base d’affirmations répétées sans
démonstration. Or, l’éolien flottant cumule aujourd’hui coûts publics
élevés, intermittence structurelle, artificialisation des milieux et
rendements climatiques discutables, tout en aggravant les tensions sur
les territoires littoraux.
Les
mobilisations bretonnes actuelles dépassent largement un refus local :
elles posent une question de cohérence nationale, de bon usage de
l’argent public et de respect des territoires. La Fédération entend
continuer à prendre toute sa part dans ce débat, aux côtés des
associations et des élus engagés.
Persister
dans cette voie, malgré l’absence de besoin électrique identifié et la
reconnaissance d’une surcapacité du système, relève moins d’une
stratégie climatique rationnelle que d’un entêtement industriel et
financier.